Arue – Tahiti

Point vue tahara’a

 

vue-du-tahara'a-photo-charles-vernier---copieSitué au sommet du col du Tahara’a (720 m), le point de vue offre un panorama superbe sur la baie de Matavai, la côte de Arue et au loin Papeete et Moorea dans son entier.
Le Tahara’a est considéré comme la frontière naturelle de Mahina et Arue et a abrité durant des décennies l’un des plus vieux hôtels de Tahiti installé dans un parc magnifique : le Tahara’a construit en 1967. Il allait changer de nom, au cours de son exploitation, pour devenir le Hyatt Regency.

Le site avait très vite été apprécié par les premiers navigateurs comme un excellent observatoire. James Cook avait surnommé la falaise « one Tree Hill » –la colline de l’arbre. Ce qui laisse supposer que déjà, au 18e siècle, le promontoire était bien dégagé, peu pourvu en haute végétation.

Au milieu du vingtième siècle, le Tahara’a n’était alors accessible que par une étroite route où se croisaient difficilement deux véhicules. Les arbres encore jeunes accrochés à la falaise n’offraient pas encore l’aspect vert d’aujourd’hui. La vue s’en trouvait très dégagée tout au loin de la route et le belvédère avait pris le nom de « banc du gouverneur ».
De quel gouvernement s’agissait-il ?

On avance le nom d’Emile de Curton qui gouverna entre novembre 1940 et juin 1941 et dont on dit qu’il appréciait beaucoup le point de vue. Composé d’une pierre brute, ce banc se trouvait coincé à l’étroit entre la route et le bord du Tahara’a tout proche… Il ne fallait surtout pas rater son virage…

La pointe du Tahara’a est issue d’un volcan secondaire à la cheminée principale de Tahiti. Les éruptions au cours des millénaires, d’abord sous-marines, ont accumulé des couches successives qui ont sorti de l’eau le volcan. Son activité s’est poursuivie, de type explosive, projetant des cendres qui ont continué à constituer des couches grossières (on retrouve même des morceaux du jeune récif s’étant développé sur les flancs du volcan sous-marin). La pointe du Tahara’a est donc constituée de ces couches de roche usées au fil du temps par la mer qui y a creusé des grottes.

 

taharaa-arbre-pue-ses-feuillesLes automobilistes et les marcheurs du col ont sans aucun doute senti cette odeur « particulière » qui persiste à certaines heures de la journée, après le premier virage de la montée du Tahara’a, côté Arue, bien sur. Certains jugent même l’odeur pestilentielle et elle se montre le plus fort entre 5 et 6 heures le matin et après 17 heures.

Il s’agit, en fait, de la senteur dégagée par les fleurs femelles du bignay (antidesma bunuis), un faux-caféier originaire d’Asie du sud-est introduit à Tahiti dans les années 50. C’est un arbuste qui ne dépasse pas 8 mètres et dont les fleurs, petites et vertes, poussent en grappes. L’odeur est particulièrement forte en décembre au moment de la floraison.
Le bignay est cultivé en Indonésie –particulièrement à Java- et en Indochine. Les baies mûres peuvent être consommées crues, en confiture ou en gelée alors que les jeunes feuilles peuvent être utilisées en salade. Le jus de fruit qu’on tire du bignay est une boisson rouge foncé rafraîchissante. Mais attention ! L’écorce contient un alcaloïde toxique.

 

On prête à ce lieu qui est resté longtemps enveloppé d’une nature sauvage, avant la construction de l’hôtel Radisson, des mystères typiques polynésiennes. On y aurait vu sur la plage une dame blanche et un cercueil en feu aurait été aperçu sur le chemin qui permettait le franchissement du Tahara’a au 19e siècle. En venant de Papeete, passer le col du Tahara’a pouvait s’avérer une véritable aventure pendant la saison des pluies. Le ruisseau Vaiavava qui coule au pied de la falaise, côté Arue, était vite en cru et il fallait s’armer de patience avant de pouvoir attaquer le chemin de terre qui menait au sommet. Il est guère large, mais suffisamment pour être emprunter par les calèches.